En Europe et en Méditerranée, la question des identités religieuses est l’une des plus sensibles du XXIe siècle. Pourtant, depuis leurs origines, les trois monothéismes (judaïsme, christianisme, islam) partagent des croyances, des pratiques, des figures tutélaires et des sanctuaires.

Saint Georges et le dragon
Saint Georges terrassant le dragon, Alep, 1699, Carreau de céramique © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) – Mathieu Rabeau

La fréquentation d’un même espace religieux par des fidèles de religions différentes ne va a priori pas de soi pour celles et ceux qui ont foi en un dieu unique. Si les lieux de culte dévolus aux pratiques régulières de la communauté (synagogue, église, mosquée) sont moins propices à cette cohabitation, certains sanctuaires génèrent au contraire des croisements entre juifs, chrétiens et musulmans. Caractérisés par une force spirituelle plus importante, ces lieux saints laissent libre cours à plus de dévotion individuelle et de créativité rituelle. Dans certains de ces espaces partagés, la rencontre est marquée par une nette séparation des fidèles qui peut se décliner en hostilité, tandis que dans d’autres, elle génère porosités et hospitalité interreligieuse.

Conçue à partir d’enquêtes anthropologiques, l’exposition invite à découvrir ces phénomènes, rarement mis en valeur, et qui concernent pourtant des millions de croyants.

À la manière d’un pèlerinage, dont le point de départ serait Jérusalem, l’exposition chemine vers l’Europe continentale en passant par différentes îles et rivages de la Méditerranée, dans un parcours jalonné de portraits de “bâtisseurs de paix” qui sont les facilitateurs du partage.

Une première version de Lieux saints partagés a été conçue au Mucem à Marseille en 2015, puis au musée du Bardo à Tunis en 2016. Cette étape est le fruit d’une réécriture complète et d’une nouvelle sélection d’œuvres pour le Musée national de l’histoire de l’immigration.